Girondins

Le retrait de King Street suscite inquiétude et colère

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Tout va mal à Bordeaux

Placés sous la protection du tribunal de commerce suite au retrait de son actionnaire majoritaire, King Street, les Girondins de Bordeaux se retrouvent dans une situation alarmante aussi bien sportivement que financièrement. De quoi inquiéter le monde du football.

"Je suis choqué, triste et écoeuré." Ces mots de Bixente Lizarazu, ancien joueur de 1988 à 1996, résument sans doute parfaitement l'état d'esprit des milliers de fans des Girondins de Bordeaux. Anglué à la 16ème place du classement en Ligue 1, le club aquitain lutte actuellement pour son maintien dans l'élite et vient d'être secoué par l'annonce de départ de KingStreet, son actionnaire majoritaire. "Le contexte économique lié à la pandémie de la Covid-19 et au retrait de Mediapro a provoqué une baisse sans précédent des recettes des clubs de football français. (...) KingStreet a fait savoir qu’il ne souhaite plus soutenir le club et financer ses besoins actuels et futurs", s'est justifié le fond d'investissement américain dans un communiqué. 

Déficit de 80 millions d'euros

Suite à cette annonce, les réactions ne cessent de pleuvoir. "Ce sont des ordures, les types à la tête du club, a déploré l'ancien attaquant Christophe Dugarry. Ces gens sont appâtés par le gain, ils n'ont aucun scrupule à saigner les clubs. (...) Certains doivent se regarder dans une glace : je pense au maire Alain Juppé qui a cédé le club à ces gens-là, à M6 et De Tavernost qui avait assuré que ces gens étaient solides et allaient faire ce qu'il fallait pour maintenir le club à son niveau. Cela n'a pas été le cas."

Un constat amère que partage également le maire de la ville Pierre Hurmic. "Ce n'est malheureusement pas une grande surprise pour moi. Le plan de reprise du club, contre lequel j'avais voté en 2018, ne paraissait pas, dès le début, en mesure d'assurer sa pérennité. Cela paraît chose confirmée aujourd'hui". De son côté, la légende du club Alain Giresse s'est montré très alarmiste au micro de RMC"Sur le plan sportif, sur le plan financier et sur le plan relationnel... On est dans une situation catastrophique de tous les côtés." Après avoir eregistré des pertes de 26 puis 32 millions d'euros sur les deux dernières saisons, les Girondins de Bordeaux pourraient clôturer l'exercice 2020-2021 avec un déficit de 80 millions d'euros, la faute à un train de vie bien trop élevé, selon une enquête de L'Équipe.

Tribunal et reprise

Face à cette situation financière préoccupante, le FCGB a donc été placé sous la protection du Tribunal de Commerce de Bordeaux. "Un mandataire ad hoc a été nommé, il sera chargé d’assister le FC Girondins de Bordeaux dans sa recherche d’une solution durable" est-il précisé dans le communiqué du club. Par ailleurs, le président Frédéric Longuépée a assuré que les employés du club continueraient d'être payés. "Pendant la durée de cette procédure destinée à mettre en forme un plan de reprise, la vie du club se poursuivra et les salaires seront versés", a t-il écrit dans un mail interne transmis aux membres du club. Pour ce qui est de la reprise justement, l'homme d'affaires Bruno Fiévet, déjà intéressé par un investissement dans le club par le passé, a de nouveau fait part de son intérêt. "Concrètement, on va discuter avec le tribunal pour savoir sous quelles conditions le club est à vendre", a t-il avancé au micro de Top of the Foot. 

C'est donc dans ce contexte plus que délicat que les joueurs des Girondins Bordeaux devront préparer un déplacement décisif pour le maintien ce dimanche à Lorient.